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Monopoles Industriels: Concentration des médias

novembre 22nd, 2015 by sniper600

Le monopole de l’information est devenu une tendance et à la faveur d’une libéralisation de plus en plus rampante, plusieurs groupes ont pratiquement opéré une razzia dans le secteur des médias. Il n’est plus aucune région du monde qui échappe à la prédation des nouveaux maîtres de la parole et de l’écrit.

La logique économique des détenteurs du pouvoir médiatique s’exprime de plus en plus grossièrement, malgré les multiples obstacles imposés par les organismes de régulation médiatiques. Les empires s’étendent d’un parallèle à un autre, d’une latitude à l’autre, concentrant un immense pouvoir et la fortune qui l’accompagne.

Il faudrait d’abord dire que la tentation de créer des monopoles dans les médias se développe avec l’explosion des canaux de diffusion. Les différentes concentrations se sont fait jour au niveau des quotidiens de la presse écrite avant de s’étendre à la radio et à la télévision.

Durant toute la période allant de la fin de la Deuxième Guerre mondiale au milieu des années 80, la presse généraliste occupait tout le spectre du marché et était constituée de manière à éliminer les autres concurrents. « Parler de tout, pour tous » selon la formule consacrée à l’époque, car le média, à ce moment-là, devait répondre à une demande sociale spécifique.

Les États-Unis d’Amérique, principal foyer des mutations majeures dans l’univers des médias, sont un excellent baromètre à cet effet.

Alors que dans le mouvement naturel de l’économie, la tendance est à une multiplication de l’offre, les médias prennent le chemin inverse. Il ne faut pas s’en étonner puisque ce domaine est traditionnellement marqué par une dose élevée d’idéologie qui épouse logiquement les tendances capitalistes donc monopolistiques.

Cela se fera à la faveur de la naissance de nombreux titres et chaînes de médias électroniques spécialisés. La réussite aidant, il n’en a été que plus facile pour les investisseurs de concentrer les propriétés. Mais le phénomène de monopole dans les médias obéit également à une logique de revenus publicitaires. L’assiette s’est en effet considérablement élargie avec la démultiplication des événements, des sujets et des cibles. Puisqu’on offrait désormais une « méga masse » aux annonceurs, le meilleur des partis à tirer était de posséder le plus grand nombre de médias.

Les acquisitions fleuriront donc dans les années 80 avec l’irruption de nombreux industriels et des financiers que ne feront pas reculer les multiples lois de la Federal Communications Commission (FCC). Cette dernière imposera par exemple la limitation des parts d’audience aux quatre principales chaînes de Télévision nationales (ABC, CBS, NBC et PBS) mais autorisera un même groupe à détenir un journal et une chaîne de télévision sur un même marché local.

Au nombre des « Majors » américains, on citera Time Warner, né de la fusion de Time Inc. et de Warner Communications en 1990. C’est le plus grand conglomérat médiatique dans le monde avec des revenus annuels caracolant autour des 50 milliards $ issus de ses multiples filiales dont CNN, HBO, et les magazines Time et People. On nommera également News Corporation de Rupert Murdoch, avec des revenus annuels de 33 milliards $ qui lui viennent d’importantes propriétés dont The Australian, le Wall Street Journal, The Sun, le réseau de télévision Fox, le studio de cinéma Twentieth Century Fox, les éditions Harper Collins et le site web MySpace. On citera enfin la Hearst Corporation, propriétaire de près de 50 journaux américains dont le Houston Chronicle, d’environ 200 magazines distribués à travers le monde comme The Oprah Magazine et Esquire. Le groupe possède également 29 stations de télévision qui attirent 18% des téléspectateurs américains, des stations de radio et plusieurs sites internet.

Ailleurs, les empires médiatiques se déclinent tout aussi rapidement selon la même logique affairiste et consumériste. Chez leurs voisins canadiens, le Groupe Rogers combine à une échelle importante des actifs de câblodistribution, de télécommunication, d’audiovisuel et de presse écrite avec des revenus annuels qui tutoient la dizaine de milliards de dollars. Quebecor, fleuron de l’industrie québécoise, est actif dans de multiples secteurs des communications, l’édition de journaux et de magazines, la télévision, la câblodistribution et les nouveaux médias. Ses tentacules lui permettent de ramasser annuellement autour de 8 milliards $ de revenus.

Outre-Atlantique, la France ploie sous la domination du Groupe Lagardère, mis sur pied par Jean-Luc Lagardère, alors PDG de la société aéronautique française Matra. Après avoir pris en 1990 les rênes du groupe Hachette, il orientera ses activités dans le domaine des médias par la diversification de ses sociétés dont Lagardère Publishing, responsable des éditions Hachette, Grasset et du Larousse, et Lagardère Entertainment, qui publie entre autres les magazines Elle et Paris Match. Également présente dans le sport, le numérique et l’audiovisuel, cette société en commandite par actions basée à Paris et dirigée par Arnaud Lagardère a  un revenu annuel de 10,3 milliards $.

Ces quelques profils confirment donc une tendance qui ne laisse même plus la place à des organes qui marquaient leur différence en raison de clientèles particulières. La quasi-totalité des réseaux communautaires et alternatifs ont ainsi vu débarquer des acheteurs très intéressés qui ne laissent plus rien au hasard.

Nul n’est cependant capable de dire quand cela s’arrêtera puisque cela participe également du nivellement des valeurs et des habitudes de consommation. Qui s’en soucie vraiment ? La différence n’est plus une vertu et les citoyens en paient un peu le prix. Ce qui semble normal puisque « business is business », aime-t-on à rappeler.




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